La nécropole gauloise de Bobigny

J’ai appris tout à fait par hasard il n’y a pas très longtemps, en furetant sur le net, que la plus grande nécropole celte d’Europe avait été découverte, mise à jour et fouillée dans le cadre d’une campagne d’archéologie préventive avant l’agrandissement de l’hôpital Avicennes à Bobigny.

Je vais mettre les liens que j’ai trouvé, parce qu’ils sont très intéressants. Il s’agit de tombes remontant au IIIème siècle avant J.C d’un gros bourg d’artisans.

Bobigny, un passé gaulois pour l’avenir

L’archéologie au cœur de la ville

C’est un endroit que je connais bien, que celui d’où ont surgi les fondations de ce village et sa nécropole, en excellent état de conservation,  ce qui est  rare, pour la bonne raison que, depuis sa disparition voici deux millénaires, rien n’y a jamais été construit. C’était en effet des champs, puis des jardins maraîchers, c’est à dire que seule la surface fut remuée, mais jamais en profondeur.

Il s’agit d’un terrain qui jouxte le dit hôpital Avicennes, autrefois appelé “Franco-musulman”, au bout d’une rue où se trouve d’un côté l’affreuse cité “Gagarine” et de l’autre un non moins affreux centre commercial avec son Carrouf, de l’autre côté d’une avenue qui mène aux Quatre Routes de La Courneuve, un endroit où l’on n’entend plus parler français de puis longtemps, au pied de ce qui s’appelait autrefois “la tour de l’Illustration“, une imprimerie je crois, qui conserva longtemps son camouflage kaki datant des années d’Occupation durant la seconde guerre mondiale.

J’y allais alors avec ma grand-mère et une voisine qui allaient y “faire de l’herbe” pour les lapins, les gens des pavillons, du moins les personnes âgées comme ma grand-mère,  ayant  généralement un poulailler et un clapier au fond de leur jardin.

Jamais je ne me serais doutée qu’il pouvait y avoir là, sous ces jardins maraîchers dans lesquels je jouais, bien avant que la dite cité “Gagarine” ne soit construite, et encore moins le Carrouf qui a remplacé l’usine de la “Bière33″, quelque chose d’aussi extraordinaire qu’un village d’artisans gaulois et la plus grande nécropole celte d’Europe.

Je ne le savais pas la dernière fois que je suis allée chez mes parents, et eux non plus, sinon je serais allée visiter l’exposition organisée dans le hall de l’hôpital à ce moment là. Ça n’a pas dû être tellement signalé par les médias… Dommage.

Cette découverte à remué des souvenirs d’enfance aussi ensevelis dans ma mémoire que la bourgade gauloise sous les jardins maraîchers. Je me suis revue l’espace d’un instant trottant derrière les papillons et cueillant les coquelicots au milieu des salades, des oignons, des poireaux, petits pois, cornichons et haricots; il me sembla réentendre la voix de ma grand-mère et son accent méridional de sa Haute-Loire natale,  qu’elle n’avait jamais complètement perdu malgré les décennies en région parisienne. Elle était originaire d’ un hameau situé à environ quarante km à vol d’oiseau du site de Gergovie.


2 réponses vers «La nécropole gauloise de Bobigny»

  1. emelire dit :

    sympa cet article, et intéressant, en + dans ce département tristoune qu’est la Seine St Denis, ça ne fait pas de mal d’en entendre parler un peu en ‘bien’ … ;o)

  2. floreal dit :

    C’est dommage qu’il n’y ait pas de musée prévu sur le site, à côté de l’hôpital, où il y a pourtant de la place, en souvenir…

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